Épreuves de force, stratégie, alliances et trahisons : et si le format culte de TF1 devenait le meilleur révélateur de votre équipe ? On a plongé dedans, sans filet et sans vote du Conseil.
Ce matin-là, personne ne savait vraiment à quoi s’attendre. L’animateur avait juste dit : « Habillez-vous confortablement. » Sous-entendu : ça va bouger. À peine arrivés dans ce grand parc en périphérie de la ville, les équipes ont été réparties en tribus. Des noms sur des foulards de couleur. Des regards qui jaugent. Et une première épreuve annoncée avant même qu’on ait eu le temps de prendre un café.
Comment s’est déroulée la journée
Le format était calqué sur celui de l’émission, mais avec une vraie intelligence pédagogique derrière. Chaque épreuve avait un objectif caché. La course en sac, c’était la coordination. La construction du radeau avec des matériaux précaires, c’était la communication sous contrainte. Le jeu de mémoire collective, c’était l’écoute et la synthèse.
On ne nous l’a dit qu’à la fin. Sur le moment, on jouait. On rigolait. On pestait aussi, parfois, quand la stratégie d’une autre tribu semblait trop bien huilée. Parce que oui, il y avait une part de compétition réelle. Et cette compétition a mis quelques tensions à nu qu’on n’aurait pas vues autrement.
L’épreuve du Conseil méritait d’être mentionnée. Pas d’élimination, bien sûr. Mais chaque tribu devait désigner collectivement son « atout caché » celui qui avait le plus surpris pendant la journée. Ce moment de délibération a été l’un des plus intenses. Et l’un des plus révélateurs.
Ce qu’on a vraiment aimé
Le format Koh-Lanta version entreprise a un avantage énorme sur beaucoup d’autres activités : il crée des situations authentiques. On n’est pas en train de « faire semblant de coopérer ». On coopère vraiment, parce que la tribu adverse avance vite et qu’on n’a pas le choix.
Ce caractère organique des dynamiques a rendu les comportements très lisibles. On a vu qui prenait naturellement les décisions. Qui savait déléguer. Qui s’effaçait trop. Qui imposait sa vision sans écouter. Ces observations, habituellement noyées dans la politesse du bureau, étaient ici à ciel ouvert.
La diversité des épreuves était aussi un vrai point fort. Pas besoin d’être sportif pour briller. Certains ont dominé les épreuves physiques. D’autres se sont révélés stratèges redoutables lors des jokers collectifs. L’activité a valorisé des profils qu’on ne voyait pas toujours.
Ce qu’on a moins aimé
La compétition entre tribus a parfois pris le dessus sur l’esprit collectif global. Quelques participants ont joué pour gagner avant de jouer pour vivre quelque chose ensemble. Ce déséquilibre, quand il s’installe, crée une atmosphère moins bienveillante. Ce n’est pas un problème inhérent au format, mais ça dépend beaucoup de la façon dont l’animateur cadre les règles dès le départ.
On a aussi noté que certains profils plus discrets ont eu du mal à trouver leur place. Les épreuves physiques et les joutes verbales avantageaient naturellement les personnalités assertives. Un ou deux collègues sont restés en retrait une bonne partie de la journée. C’est dommage, et c’est un point à anticiper avec l’organisateur lors du cadrage.
Le débrief final a été trop court. C’est souvent là que se joue l’essentiel. Transformer une expérience vécue en enseignements collectifs demande du temps. Vingt minutes à la fin d’une journée chargée, c’est insuffisant.
À qui on recommande ce format
Ce type d’activité convient particulièrement aux équipes qui se connaissent déjà mais qui ont besoin de se redécouvrir. Pas idéal pour un onboarding ou une équipe qui vient de se constituer. La compétition peut creuser des écarts avant que des liens se soient formés.
En revanche, pour des équipes établies qui tournent en rond, qui communiquent par email même quand elles se croisent dans le couloir, ce format est un vrai électrochoc. Il sort tout le monde de sa zone de confort. Il oblige à regarder ses collègues autrement. Et ça, ça vaut largement la journée investie.